Le Palais des Beaux-arts de Lille expose dans son atrium - du 22 avril au 12 juillet 2010 -, les dix toiles monumentales de l’épopée de la Jérusalem Délivrée du peintre italien Paolo Domenico Finoglio (1590-1645). Commanditée par le comte de Conversano pour le château familial en 1634, cette série de peintures occupe toujours son emplacement d’origine et demeure un exemple exceptionnel de conservation d’une œuvre dans son architecture du 17ème siècle.
Paolo Domenico Finoglio fait partie des plus grands peintres du style napolitain influencés par la dramatisation de la lumière du Caravage et de José de Ribera. Cette série décorative est son chef-d’œuvre. Le maître s’émancipe de la mise en scène baroque de l’espace pictural en accomplissant une peinture historique qui se réclame des premiers maîtres de la Renaissance. L’influence des fresques de Paolo Uccello est manifeste dans le déploiement en premier plan de la scène mythique. Le peintre oppose un certain hiératisme à la virtuosité symphonique de Luca Giordano.
Recouvrant la manière expressionniste de Cosme Tura et de l’école de Ferrare, Finoglio transfigure ses personnages pour incarner leur destinée héroïque. L’originalité de Finoglio singularise sa démarche au 17ème siècle : son art rejoint les préoccupations de mise en scène des plasticiens contemporains. Dans ce but, le plasticien Alain Fleischer matérialise plastiquement la question de la relation des œuvres d’art avec leurs espaces d’exposition, qui reste l’une des interrogations essentielles de l’histoire de l’art et de l’histoire des musées. Il fait vivre cette « suspension » de l’œuvre dans un nouvel espace de projection esthétique et s’interroge sur l’histoire du « déracinement » des œuvres d’art.
Grant Thornton a décidé de soutenir cette exposition après avoir soutenu “Les Caprices de Goya” en 2007-08.